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Lundi 13 novembre 2006
La question du politiquement correct traverse maintenant le débat public français et, après avoir fait des gorges chaudes des travers américains, de nombreuses associations n'hésitent plus à dénoncer le caractère sexiste ou raciste de certaines publicités.
Eprouvant personnellement une totale aversion pour les expressions du style "personnes de couleur" ou "préfet musulman" quand elles servent à désigner tout simplement les noirs ou un préfet (qui se trouve être arabe ou berbère, je ne sais plus) et, plus généralement hostile à toute police de la pensée ou du langage, j'éprouve un grand malaise quant à la position à tenir lorsque se présentent à nous des publicités de type Banania.


En effet, ce petit déjeuner qui fleure bon les chansons de Vincent Delerm nous ramène à notre enfance et pour tout dire à notre histoire. Et notre histoire, nous français, est aussi coloniale et ce petit bonhomme, même stylisé façon 2000, en est l'héritier. Lors d'un débat télévisé, je me suis ainsi lancé dans un dialogue de sourds avec Christian Blachas.
Ma position est en l'occurence très simple : cette publicité offense manifestement bon nombre de noirs en ce qu'elle contribue à perpétuer, auprès des plus jeunes, l'image du noir benêt, les yeux grands ouverts avec des lèvres disproportionnées. Cette image fait aussi écho aux 3 marabouts que nous avons pu dénombrer sur les écrans publicitaires l'an dernier. Concepteur de la campagne Virgin Mobile, Frank Tapiro défend ce qu'il considère comme sa liberté de création.
Bizarrement, le marabout anéanmoins disparu de sa publicité (pour être bientôt remplacé par Doc Gynéco...), preuve surtout de l'extrême pauvreté créative de cette campagne.
Alors censurer ? Certainement pas, ce serait le pire. Cette campagne Banania a le droit d'exister tout comme ceux que cette image révulse ont le droit de ne pas consommer le produit. En revanche, il est urgent d'introduire une vision plurielle dans la conception des messages afin de mettre fin à des clivages qui renforcent les divisions de notre société.
Par Jean-Christophe Despres - Publié dans : sopi
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Commentaires

Vous ne savez pas si Aïssa Dermouche est arabe ou berbère, ou vous avez peur de dire qu'il est berbère ? Dans le deuxième cas, c'est grave, berbère serait-il un gros mot ?
Commentaire n°1 posté par awal le 07/03/2007 à 22h58
Les caricatures physiques sont maintenant du racisme... c'est du grand n'importe quoi et vous êtes (ne vous en déplaise) un petit flic de la pensée.
Commentaire n°2 posté par alap le 11/12/2008 à 13h22
rassurez-vous, seule la pensée est visée
Commentaire n°3 posté par Despres le 12/12/2008 à 10h34

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